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Interview de Bertrand Perrin, chargé d’études et de recherche au CETU

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publié le 18 septembre 2012

En quoi consiste votre travail ? Qu’appréciez-vous le plus ?
Depuis août 2009, je travaille au sein du pôle Sécurité, un des 7 pôles techniques du CETU. En réalité, j’ai un peu une double casquette. J’occupe d’une part le rôle d’assistant et de conseiller, notamment auprès des maîtres d’ouvrage et des exploitants de tunnels. Je m’appuie beaucoup sur mes échanges avec eux et avec des bureaux d’études spécialisés. D’autre part, j’assure une mission de « recherche-doctrine », dont l’objet est d’améliorer et de mettre en application la réglementation actuelle.
Je dirais que le plus passionnant dans mon métier reste la diversité. J’ai en effet la possibilité d’intervenir sur tout type de tunnel routier - en projet, en construction, en exploitation ou en rénovation - et cela partout en France.

Diversité des sujets, diversité des contextes : avec quels autres acteurs êtes-vous également amené à travailler ?
Travailler sur les tunnels routiers peut sembler restreint, ce qui est loin d’être le cas ! Je suis par exemple intervenu sur des exercices de sécurité. Mon rôle était d’observer et de contrôler leur bon déroulement, puis de rédiger un avis. Exploitant du tunnel, préfecture, services de police, SDIS (service départemental d’incendie et de secours) : j’étais en contact avec différents acteurs. Chacun a sa propre culture, ce qui rend la mission passionnante !
L’approche de mon travail est par ailleurs souvent transversale. Je traite de sujets relatifs à l’évacuation des personnes (notamment la prise en compte des personnes à mobilité réduite), aux comportements humains ou à la formation de conducteurs routiers. Dans le cadre de mes fonctions d’assistance et de conseils, je peux émettre un avis sur un projet, un DCE (dossier de consultation des entreprises lors d’un marché public) ou encore sur le dossier de sécurité d’un tunnel.

Tunnel de Chamoise

Tunnel de Chamoise (Ain)

Au niveau de l’amélioration de la doctrine, second volet de votre activité, auriez-vous un exemple de mission à présenter ?
Actuellement, je participe à l’encadrement d’une thèse sur le retour d’expérience, en partenariat avec un exploitant de tunnel et l’université à laquelle est rattachée la doctorante. Nous faisons en effet souvent appel à des spécialistes des sciences humaines sur de tels sujets. Même chose pour les thèmes liés au comportement humain en situation d’incident ou de crise : on sort du cadre habituel des ingénieurs et techniciens, ce qui est une très bonne chose !
Je suis par ailleurs chargé de piloter un projet de formation des conducteurs professionnels. Le groupe de travail que j’anime avec les organismes de formation et les sociétés de transport a élaboré un support de formation. Nous organisons aussi des séminaires pour en transmettre le contenu aux formateurs
Enfin, j’assure le secrétariat technique du comité de sécurité du tunnel franco-italien du Fréjus. Ce comité est constitué de tous les acteurs français et italiens ayant à intervenir sur cet ouvrage en matière de sécurité : ministères, préfectures, services de police et de secours. C’est un tunnel à très forts enjeux de sécurité, ce qui explique la richesse des échanges.

Quelles sont les grandes évolutions et les grands projets à venir du CETU ?
Depuis le début des années 2000 et notamment l’incendie du tunnel du Mont-Blanc en 1999, beaucoup de changements ont eu lieu dans les tunnels, tant sur le plan technique, qu’organisationnel. Parmi les grands projets de demain, on peut citer l’ouverture prochaine de l’autoroute A89 qui compte 3 tunnels, celle du deuxième tube du tunnel de Toulon, ou encore l’innovation que constitue la création d’une galerie mixte - sécurité et modes doux - au tunnel de la Croix-Rousse à Lyon.
Autres évolutions à mentionner : une partie des effectifs du CETU intervient aussi dans le domaine ferroviaire (études des tunnels des futures lignes à grande vitesse (LGV). Et le pôle Sécurité a tout dernièrement dédié un poste à la sécurité des tunnels ferroviaires, pour répondre à la demande existante.

Propos recueillis par Pascal Bargiarelli (SG/DICOM/DCIARC)