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  Centre d’Etudes des Tunnels

Génie Civil

publié le 25 mai 2007 (modifié le 12 octobre 2009)

L’automobiliste qui traverse en tunnel doit pouvoir le faire en toute sécurité, c’est à dire que d’une part le tracé de la route doit être bien conçu, homogène et lisible, et que d’autre part l’infrastructure doit être dotée de tous les aménagements qui permettent de garantir la sauvegarde des personnes en cas d’incident.

Le premier volet renvoie aux dispositions techniques (géométrie globale, traitement des accotements, intersections,…) pour la sécurité routière ; le second volet, propre aux tunnels, traite des dispositions pour la sauvegarde des usagers dans un milieu confiné. L’Instruction technique jointe à la circulaire du 25 août 2000 se focalise sur le second point et détaille tour à tour les volets principaux suivants :
- La chaussée, les garages et les trottoirs
- Les aménagements pour l’évacuation et la protection des usagers et l’accès des secours
- Les aménagements destinés aux véhicules de secours
- Les niches de sécurité et les niches incendie

1- la géométrie globale de l’infrastructure :


En préambule, il est évident que les dispositions générales et les règles de l’art applicables à la conception des infrastructures routières à l’air libre s’appliquent. En tunnel et plus encore qu’ailleurs on cherchera à avoir un tracé (courbure, pente, ..) le plus harmonieux possible de façon à ne jamais surprendre l’automobiliste. Un soin tout particulier sera porté aux conditions de visibilité de manière à ce que, malgré les parois latérales, tout obstacle, objet sur la chaussée ou véhicule arrêté soit visible suffisamment tôt pour permettre l’arrêt en toute sécurité.
Le point le plus délicat à traiter concerne souvent les éventuelles jonctions avec des bretelles d’entrée ou de sortie. Tout ce qui impose à l’automobiliste de changer de file, ou de choisir une direction avec le risque d’hésiter peut créer des situations accidentogènes.

2- la chaussée et les trottoirs :

La question principale concerne ici la largeur de la chaussée qui doit permettre l’accès des secours même dans l’hypothèse où des véhicules sont arrêtés dans le tunnel. Cette condition n’est cependant pas requise si les services de secours ont d’autres accès à leur disposition (depuis l’extérieur ou depuis un deuxième tube).
La chaussée doit également être suffisamment large pour permettre le dépassement en toute sécurité d’un véhicule arrêté ; dans le cas contraire des surlargeurs (garages) sont mis en place dans les tunnels longs.
Les trottoirs ont aussi une largeur minimale dans le but de mieux protéger les usagers en détresse qui chemineraient à pied pour se rendre près d’un équipement de secours.

3- les aménagements pour l’évacuation et la protection des usagers et l’accès des secours chaussée et les trottoirs :

Il s’agit de la disposition la plus importante. En cas de problème ou de risque d’accident grave, les usagers doivent trouver rapidement et à proximité d’eux des issues qui les emmènent vers des lieux protégés. Les issues de secours sont interdistantes de 400m en tunnel non urbain, de 200m en tunnel urbain (trafic plus important) voire moins si le nombre de voies est important.
Les issues peuvent prendre, selon la configuration du tunnel, plusieurs formes : communications directes avec l’extérieur (si la couverture de terrain est faible), communications entre les deux tubes (si le tunnel compte deux tubes), galerie de sécurité parallèle au tunnel, ou enfin abris protégés et raccordés à un cheminement d’évacuation.

Des dispositions très strictes sont imposées pour éviter que le feu ou la chaleur ne se propage dans ces espaces protégés. De même les personnes se déplaçant en fauteuil roulant doivent pouvoir accéder à ces issues et franchir sans difficulté les portes des sas.

4- les aménagements destinés aux véhicules de secours :

Ces aménagements sont conçus pour permettre aux véhicules de secours de pouvoir passer rapidement d’un tube à l’autre. L’instruction définit les interdistances et les dimensions minimales à leur donner.
Lorsque le tunnel ne dispose que d’un seul tube, des élargissements ou de courtes galeries sont mis en place pour permettre à ces véhicules de faire demi-tour sans difficultés.
De même des emplacements sont réservés à l’extérieur, près des têtes, pour le stationnement des véhicules de secours. Des voies de service permettent aussi de passer directement d’une chaussée à l’autre.
D’une manière générale, les dispositions de génie civil sont définies de manière à faciliter l’accès des secours, le passage des véhicules de secours (y compris camions de pompiers) d’un tube à l’autre, d’un sens à l’autre.

5- les niches de sécurité et les niches incendie :

Rappelons que si les niches de sécurité, disposées tous les 200m environ, rassemblent plusieurs équipements de sécurité (postes d’appel d’urgence, extincteurs,..) et qu’elles sont munies de portes permettant de limiter le bruit pendant le dialogue entre l’usager et l’exploitant et d’éviter les salissures, elles ne sont en aucune façon destinées à protéger les usagers des effets d’un incendie. Cette protection se trouve dans les issues de secours qu’il convient de bien distinguer des niches. Ces niches doivent être accessibles à tous et en particulier aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant.
Les niches incendie, disposées également tous les 200m environ, sont utiles pour les pompiers qui trouvent là une alimentation en eau (bouches ou poteaux incendie) avec le débit et la pression recommandés. Les dimensions de ces niches sont examinées de près car il est important qu’elles dégagent les marges de manœuvre nécessaires au travail des pompiers.

Les dispositions rappelées ici ne sont pas exhaustives. Elles reprennent simplement les points essentiels auxquels le concepteur est particulièrement attentif au plan de la sécurité.