Les risques liés aux énergies alternatives de propulsion

Les énergies alternatives de propulsion n’augmentent pas nécessairement le niveau de risque en général. Elles peuvent néanmoins générer de nouveaux phénomènes dangereux, potentiellement plus sévères en milieu souterrain, qu’il faut comprendre, prévenir et traiter au mieux. Le CETU est impliqué depuis plusieurs années dans l’étude de ces phénomènes, et a lancé en 2022 un axe stratégique de recherche qui leur est dédié.



Contexte

Nos mobilités connaissent aujourd’hui des évolutions majeures liées à l’urgence écologique : réchauffement climatique, pollution de l’air, bruit, sont autant de nuisances du trafic routier que les nouvelles mobilités peuvent réduire.

Il s’agit ainsi de réduire le trafic automobile au profit des autres modes de déplacement, mais aussi de rendre plus « propre » les véhicules qui devront continuer à circuler, qu’il s’agisse de transports de marchandises, de transports en commun ou de véhicules individuels. Pour les véhicules légers, on s’oriente a priori vers une électrification massive du parc, de même que pour les transports de marchandises locaux.

L’électrification concerne aussi les transports en commun et en fonction des progrès technologiques, pourrait s’étendre aux transports longue distance. Pour ce type de transports, ainsi que pour certains transports en commun, c’est l’hydrogène et le gaz naturel, sous forme gazeuse ou liquide qui prendront probablement le relais du diesel dans un premier temps. Le gaz naturel est déjà bien présent comme énergie de transition, dans les transports en commun et d’autres flottes urbaines (livraison, ramassage d’ordures). La mutation s’amorce également dans les transports ferroviaires.


De quels risques parle-t-on ?

Le risque incendie est déjà présent dans les tunnels, et mobilise depuis de nombreuses années d’importants efforts de recherche, d’équipement des tunnels et d’organisation des exploitants et des services de secours. Les énergies alternatives de propulsion n’augmentent pas nécessairement les risques en général, mais peuvent générer de nouveaux phénomènes dangereux, potentiellement plus sévères en milieu souterrain, qu’il faut comprendre, prévenir et traiter au mieux.

Pour les capacités de batterie les plus communes, les feux de véhicules électriques ne sont pas plus puissants que les feux de véhicules classiques que nous connaissons bien. Néanmoins, ils peuvent poser des difficultés aux services de secours pour leur extinction, et donc à l’exploitant pour la reprise du trafic. Les technologies de batteries sont variées et en évolution rapide, et il faut être attentif aux risques associés. Les gaz comprimés ou liquéfiés peuvent être à l’origine d’explosions en cas de fuite ou de défaillance des systèmes de sécurité.



Les activités de recherche du CETU sur cette thématique

Le CETU est impliqué depuis plusieurs années dans l’étude de ces phénomènes, et a fortement accru sa mobilisation dès 2022 avec le lancement d’un axe stratégique de recherche qui leur est dédié. Dans ce cadre, les différents aspects des problématiques sont abordés.

Un groupe de travail « Nouvelles Énergies et Risques Technologiques en Tunnel » (NERTT), piloté par le CETU a rassemblé des exploitants, autorités organisatrices de la mobilité, services de secours et experts techniques. Ses travaux ont permis d’établir un état des lieux commun des risques, publié par le CETU en janvier 2024, qui a vocation à alimenter les discussions avec les autorités locales et nationales.

Des recherches autonomes ou en partenariat visent à préciser nos connaissances sur le déclenchement et les conséquences des phénomènes explosifs liés aux gaz comprimés ou liquéfiés (gaz naturel et hydrogène). On cherche notamment à comprendre quels paramètres, liés au véhicule ou au tunnel, influent sur l’ampleur de ces phénomènes, et comment évaluer au mieux leurs conséquences sur les usagers, les services de secours et les structures des ouvrages souterrains.

Le travail sur la méthode de prise en compte de l’ensemble des phénomènes dangereux liés aux énergies alternatives de propulsion dans la démarche de sécurité en tunnel a également commencé. Un groupe de travail piloté par le CETU a rassemblé des experts et bureaux d’études pour travailler sur leur intégration aux études spécifiques des dangers. Un document d’information explicitant comment adapter la méthode actuelle devrait paraitre d’ici fin 2026. Enfin, un dernier groupe de travail piloté par le CETU a rassemblé des exploitants et un représentant de la DGCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises) pour travailler sur la prise en compte de ces phénomènes dans la gestion opérationnelle d’un incident.

Le domaine ferroviaire n’est pas en reste : le CETU a co-piloté avec l’EPSF(Établissement Public de Sécurité Ferroviaire) un groupe de travail visant à analyser en amont les risques potentiels liés aux trains à hydrogène, et apporte son expertise pour le transport de batteries ou de véhicules à énergie alternative de propulsion par rail.

À l’échelle internationale, le CETU pilote le groupe de travail PIARC consacré aux nouvelles énergies en tunnel routier, et intervient régulièrement sur le sujet dans des conférences ou colloques (ISTSS, ISAVFT, Interflam, ITACET, ITA COSUF, etc.).



Références bibliographiques :

WILLMANN (C.), TRUCHOT (B.), New Energy Carriers and Additional Risks for User Safety in Tunnels, INTERFLAM 2019, Londres, 1-3 juillet 2019, pp. 1833-1844

WILLMANN (C.), TRUCHOT (B.), User’s safety in tunnels - additional risks of new energy carriers vehicles, 8th ISAVFT, Athens, 25-27 septembre 2019, pp. 450-464

Impact des nouvelles technologies de propulsion sur l’exploitation et la sécurité des tunnels routiers – Études de cas (en anglais), PIARC, 2022, 46p.

Impact des nouvelles technologies de propulsion sur l’exploitation et la sécurité des tunnels routiers - Rapport technique (2023), 2023, 76p.

Les nouveaux modes de propulsion en tunnel routier : Risques et enjeux - Etat des lieux partagé, CETU, 2024, 48p.

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